Dans un monde qui change vite, où les générations se transforment de plus en plus rapidement, nous, l’Église, la famille de Dieu, sommes face à un défi : atteindre les gens de notre temps.
Nous ne voulons pas nous contenter de suivre les idées de ceux qui ont vécu avant nous. Et pourtant, d’une certaine façon, elles restent notre pilote automatique : « Oui, ça a toujours été comme ça, donc il faut que ça reste comme ça. » Ce n’est en soi ni mauvais ni faux. Mais cette façon de penser nous empêche souvent de regarder de près et de voir où nous nous freinons nous-mêmes. Or nous voulons que des personnes rejoignent l’église, des personnes qui sont tout autant enfants de Dieu, mais qui ne vivent pas encore une relation vivante avec lui.
Comment avoir un impact dans une société qui change et bâtir une église pour toutes les générations ? Si, face à cette question, nous nous concentrons uniquement sur les personnes qui sont déjà dans nos églises, nous appuyons sur le frein et nous avançons difficilement. Mais si nous levons les yeux, regardons autour de nous et commençons à voir les personnes qui ne font pas encore partie de notre église, mais que Jésus veut y amener, alors les choses se mettent en mouvement. Pour cela, il faut sans cesse regarder et écouter avec attention. Pourquoi ? Parce que de nouvelles personnes arrivent et que nous voulons continuer à garder le regard et les portes ouverts pour tous ceux que Jésus prépare.
« Cela demande une immense grandeur d’âme, parce qu’il faut avoir les pieds sur terre, être aussi proche que possible des gens et, en même temps, se demander : de quoi notre époque a-t-elle besoin maintenant ? Où est-il bon de parler clairement, et où est-il bon de supporter les tensions qui naissent sans cesse, en ce moment dans la politique et la société, mais aussi dans nos églises ? » (Stefan Hänsch)
Des générations qui changent
Aujourd’hui, les générations se renouvellent tous les 10 ans, alors qu’autrefois elles se renouvelaient tous les 30 à 35 ans environ. Cette évolution nous pousse à repenser et à adapter sans cesse nos approches, nos programmes et nos contenus, pour rester pertinents et attirants pour chaque génération. Cela demande une compréhension profonde des courants sociaux et culturels actuels, ainsi que des besoins et des attentes des différentes générations.
Quand on regarde les étapes de la vie des différentes générations, on constate un net changement. Autrefois, le développement suivait une ligne droite : de l’enfance (childhood) à l’adolescence (teenager), puis à l’âge adulte (adulthood). Aujourd’hui, en revanche, de nouvelles étapes de la vie sont apparues, et les passages de l’une à l’autre sont de plus en plus fluides. Après l’enfance vient la préadolescence (tweens, pre-teens), puis l’adolescence (teenager). Viennent ensuite les jeunes adultes (young adults), puis les Kippers : des enfants qui vivent aux crochets de leurs parents et grignotent leur épargne retraite. C’est seulement après que commence l’âge adulte. Suivent les étapes de la reconversion professionnelle (career-changer) et de l’âge adulte avancé (downager), qui remettent toutes deux en question et redéfinissent nos idées traditionnelles de la retraite. Ces étapes de la vie sont moins liées à un âge précis qu’elles ne sont une adaptation aux nouvelles conditions sociales et économiques qui marquent les jeunes générations (1).
Ces repères nous aident à affûter notre regard sur les personnes qui composent notre église. Nous voyons ainsi plus clairement comment mieux aller les uns vers les autres, au niveau de la direction, mais aussi de la prédication. Car là aussi, il y a de nettes différences.
Des styles de leadership qui changent
Les générations de notre époque sont les Builders (génération silencieuse, traditionalistes), les baby-boomers, la génération X, la génération Y, la génération Z et la génération Alpha. Les voitures, les jouets, les appareils pour écouter de la musique, etc. nous montrent dans quelle génération nous avons grandi. Nous voyons aussi quels événements historiques et quelles avancées techniques ont marqué chaque génération. Avec chaque génération changent aussi le style d’apprentissage et de direction, et la manière d’exercer une influence. Une infographie de Mark McCrindle (en anglais) montre, pour chaque génération, le responsable idéal, la structure de direction idéale et le cadre d’apprentissage idéal.
Les générations à partir de 1946 (Builders) ont plutôt un style de direction fondé sur le contrôle (controlling). Elles apprennent le mieux dans un cadre formel (cours magistral). Chez les baby-boomers, il en est sorti un style directif (directing), où l’on donne des consignes et des instructions concrètes. Cela a de nouveau changé avec la génération X, celle des 45-59 ans d’aujourd’hui. Cette génération pratique un style de direction fondé sur la coordination : le responsable est au centre et coordonne les différentes équipes, par exemple l’équipe café, l’équipe louange, etc. La génération Y ne veut plus seulement être coordonnée, elle veut de nouveau être davantage dirigée. Sur l’infographie, la structure de direction diffère à peine entre la génération X et la génération Y, mais dans la génération X, les responsables sont des gens d’action. Ils ont besoin de liberté. Avec eux, pas de microgestion. Il leur suffit que quelqu’un coordonne et qu’ils aient les mains libres pour faire les choses à leur façon. La génération Y, elle, a de nouveau besoin d’une direction concrète (guiding).
Avec la génération Z, cela a évolué vers une forme d’empowerment. Équiper les autres, c’est un principe biblique : « C’est lui qui a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme bergers et enseignants. Il l’a fait pour former les saints aux tâches du service en vue de l’édification du corps de Christ » (Ephésiens 4.11-12). Dans l’empowerment, l’équipe travaille ensemble et le responsable se tient à l’extérieur. Il est comme un coach ou un mentor. Le responsable est la mère ou le père spirituel qui, de l’extérieur, donne des impulsions, encourage, stimule, accompagne. Il confie consciemment la responsabilité à l’équipe. Et avec la génération Alpha, les jeunes nés à partir de 2010, le responsable est un membre de l’équipe qui inspire les autres. Il est l’un d’eux. Tous avancent ensemble, d’égal à égal, et s’inspirent les uns les autres.
Il suffit de regarder le cadre d’apprentissage et la structure de direction d’une université, d’une école ou d’une église pour voir quelle génération y donne le ton. La forme et la structure le montrent clairement. Il suffit par exemple de regarder notre système éducatif pour comprendre pourquoi on enseigne de cette manière dans les universités et les écoles. Nous comprenons alors aussi pourquoi les cultes ont une certaine forme. Et comme nous avons tous tendance, en vieillissant, à devenir des traditionalistes, nous restons coincés dans un système qui sert la génération vieillissante, si nous ne savons pas nous retirer à temps et passer le relais à la génération suivante.
Il n’est pas rare que j’entende des personnes plus âgées dire des choses comme « Pas besoin de sauter sur chaque tendance » ou « Vous, les jeunes, vous avez encore beaucoup à apprendre ». Elles semblent avoir oublié qu’elles aussi ont remis en question le statu quo et provoqué des changements. Car leur génération avait elle aussi besoin d’une autre structure de direction et d’un autre cadre d’apprentissage pour vivre et déployer son potentiel. Et maintenant, elles se sentent bien dans leurs structures, parce qu’elles ont contribué à les créer. C’est tout à fait normal, et ce n’est pas une mauvaise chose non plus. En même temps, la génération suivante a de nouveau besoin d’autres structures et d’autres formes pour vivre son potentiel et grandir.
« Ce ne sont pas seulement les différentes tranches d’âge qui se tiennent souvent à distance les unes des autres ; parfois, ce sont aussi les chrétiens de longue date qui ont du mal avec ceux qui viennent à la foi, et inversement. Dans les deux cas, les fossés peuvent devenir très profonds. » (Markus Wenz)
Si Jésus veut bâtir l’Église avec toutes les générations, il est important aussi de prêter attention les uns aux autres et de vraiment se voir. Cela demande non seulement d’avoir des égards les uns pour les autres, mais aussi de travailler activement à construire et à avancer ensemble. C’est du travail. Mais c’est un travail qui comble et qui enrichit.
Ces temps-ci, il m’arrive d’aller dans les équipes et de dire : « Je veux juste être là, avec vous. » Je me suis retrouvé avec nos musiciens dans une sorte d’atelier d’écriture de chansons. Et ils m’ont dit : « Oh, qu’est-ce que le pasteur fait ici ? Tu viens nous contrôler ? » « Non, je veux juste faire partie de l’équipe et peut-être écrire une ligne du prochain chant de louange qui sortira. » Pour moi, cette rencontre a été super inspirante, parce que j’ai vu à quel point ces personnes ont un amour et une passion pour Jésus qu’elles essaient d’exprimer dans des chansons et d’apporter au royaume de Dieu. (Stefan Hänsch)
Une communauté de foi ouverte à tous
La famille de Dieu ne fonctionne pas comme une chaîne de montage où arrivent au départ des formes différentes et où, à la fin, toutes sont identiques. Non, la famille de Dieu ressemble plutôt à un atelier où tout est fait main. Chaque pièce est travaillée une à une. Cela demande beaucoup plus de temps et d’attention. Mais ce temps et cette attention en valent la peine. Et c’est pourquoi la structure et la forme d’une église ne peuvent jamais rester telles qu’elles sont. Nous nous trompons lourdement si nous croyons le contraire et si nous vivons en conséquence. Nous ne passons pas seulement à côté d’occasions de grandir : nous fermons aussi activement la porte à ceux qui veulent grandir. Si ces personnes sont assez sages, elles s’en vont. Et c’est tant mieux.
Personnellement, je ne veux pas soutenir une église où l’on ferme la porte aux personnes qui veulent grandir, simplement parce que d’autres s’accrochent à d’anciennes formes et structures.
C’est peut-être pour ça que j’aime travailler avec des jeunes qui remettent tout en question. Comme ça, au moins, on va au cœur des choses. On démonte et on reconstruit, on démonte encore et on reconstruit encore. Et je trouve génial qu’il y ait, dans chaque génération, des personnes qui pensent exactement comme ça. Je les appelle, disons, des « migrants générationnels ». Elles sont capables de s’orienter dans la culture d’autres générations, de vivre de façon contextualisée et de bâtir des ponts entre les générations. Et nous avons besoin de ces personnes dans la direction, pour façonner activement l’ADN de l’église. À mon avis, ce sont les évangélistes, les apôtres et les bergers (Ephésiens 4.11-12).
Je ne suis pas pour autant contre les prophètes et les enseignants. Pas du tout. Mais les prophètes et les enseignants ont d’autres dons et d’autres capacités, et nous avons besoin d’eux aussi. Ils façonnent l’enseignement et l’orientation de l’église. Ils nous aident à poser le cadre et à ne pas perdre le but de vue.
Façonner une culture d’église intergénérationnelle
Concrètement, à quoi peut ressembler la création d’une culture d’église intergénérationnelle ?
D’abord, nous devons prendre conscience qu’une église intergénérationnelle est aussi l’idée et le but de Dieu pour sa famille. Nous ne devons pas faire de différences ni favoriser certains (voir l’épître de Jacques). Dans la pratique, une église intergénérationnelle n’est toutefois pas possible à chaque étape. Lors d’une implantation d’église, par exemple, seules les générations des fondateurs sont le plus souvent représentées. C’est donc en général un groupe homogène.
L’expérience montre que ceux qui implantent une église, ou les équipes d’implantation, atteignent automatiquement des personnes de dix ans plus âgées et de dix ans plus jeunes qu’eux. Pour atteindre des personnes beaucoup plus âgées ou beaucoup plus jeunes, il faut faire de gros efforts.
C’est pourquoi il est judicieux que les équipes d’implantation soient composées de plusieurs générations. L’équipe a ainsi dès le départ les différentes générations en vue et peut fonder l’église en pensant à elles dès le début.
Si ton église existe depuis longtemps et que seules quelques générations sont représentées dans les instances de direction, trouve des moyens d’impliquer d’autres générations dans ces instances ou dans les processus.
Un autre facteur est le principe du discipulat. On le retrouve dans tout le Nouveau Testament. Les Évangiles nous en donnent une image très claire. Les lettres de Paul en sont entièrement imprégnées. Mais ne crois pas que je parle ici d’un programme. Non. Le discipulat est un style de vie, le battement de cœur d’un disciple de Jésus. Quand je vois une église intergénérationnelle, je vois une église qui fait des disciples qui font à leur tour des disciples.
Jésus nous l’a montré par sa vie. Pendant trois ans, il a profondément marqué ses disciples. Ils ont mangé ensemble, beaucoup voyagé, vécu des réussites et des échecs, traversé ensemble des hauts et des bas. Jésus a délibérément pris le temps de revenir sur ces moments. Il leur consacrait énormément de temps. Même quand les disciples sont partis sur son ordre pour chasser des démons, guérir des malades et annoncer la bonne nouvelle, ils continuaient d’apprendre. Là aussi, Jésus a saisi l’occasion de revenir sur ce qu’ils avaient vécu. Pour lui, l’essentiel n’était pas l’action, mais ce qu’elle produisait dans le cœur.
Ce qui comptait pour Jésus, c’était le cœur et ce qui s’y passe : le faire sortir, le transformer et le rendre plus semblable à lui.
L’action n’était pas le but, c’était un outil. Car quand il y a des frottements, du stress, des conflits, ce qui est en nous ressort. C’est pourquoi il est important de prendre le temps de le regarder, au lieu de simplement continuer le programme. C’est ainsi que les disciples sont devenus de plus en plus semblables à Jésus.
David, un modèle
Theodore Roosevelt nous l’a rappelé :
« People don’t care how much you know until they know how much you care. »
(Peu importe aux gens ce que tu sais, tant qu’ils ne savent pas à quel point tu te soucies d’eux.)
Ce principe se reflète dans l’histoire du roi David. Il a servi les gens de son époque et a investi sa vie pour les servir selon la volonté de Dieu. « Or, après avoir dans sa propre génération été au service de la volonté de Dieu, David est mort » (Actes 13.36).
Quand David a compris que sa vie touchait à sa fin, il a donné à son fils Salomon des instructions décisives pour l’avenir (1 Rois 2). Il ne s’est pas seulement concentré sur la fin de son époque, mais aussi sur la façon dont il pouvait fortifier et bénir la génération suivante. Il a laissé un héritage d’environ 300 millions d’euros pour la construction du temple, formé 300 soldats d’élite pour le combat et créé une classe dirigeante loyale. David a compris ce qu’il pouvait faire pour donner à la génération de son temps les moyens d’agir et pour la soutenir. Il a organisé des ressources, formé des personnes et encouragé une culture de loyauté qui a soutenu la génération suivante.
Ce sont cette loyauté et ce soutien qui façonnent et définissent une culture, que ce soit dans l’église, dans la famille ou dans le groupe de jeunes.
Il s’agit de la manière dont nous vivons le leadership, dont nous parlons des autres et dont nous façonnons la génération de notre temps.
Cette loyauté naît à l’intersection de trois cercles concentriques :
- premièrement, les vérités intemporelles de la Bible ;
- deuxièmement, les préoccupations personnelles et les questions de vie fondamentales de la génération, comme « Qui suis-je ? », « Où est ma place ? » et « Qu’est-ce que je peux changer ? » ; et
- troisièmement, les sujets de discussion actuels dans notre société.
C’est à l’intersection de ces trois domaines que se trouve la clé d’une communauté de générations à la fois réelle et pertinente.
Ayons le courage de façonner nos églises et nos communautés pour qu’elles ne se contentent pas d’atteindre les générations qui suivent, mais qu’elles les marquent aussi en profondeur. Trouvons des moyens d’équiper et de soutenir les jeunes et les jeunes adultes de notre temps, pour qu’ils puissent prendre pleinement leur place dans la grande histoire de Dieu. Nous pourrons ainsi créer une communauté marquée par le respect mutuel, la compréhension et un profond intérêt les uns pour les autres : une communauté qui englobe et enrichit toutes les générations.
Questions de réflexion pour les responsables et les équipes
- Qu’est-ce qui t’a parlé dans tous ces points ?
- Qu’est-ce qui te met au défi ?
- Comment faire en sorte que la façon dont nous organisons la vie de notre église soit aussi pertinente et attirante pour les jeunes générations ?
- Dans quelle mesure, en tant que responsables, avons-nous tenu compte des besoins, des attentes et des particularités culturelles des différentes générations ?
- Quelles mesures concrètes pouvons-nous prendre pour favoriser une culture du discipulat, de l’ouverture à tous et de l’empowerment pour toutes les générations ?
- Comment réagissons-nous, en tant qu’équipe de direction, à la résistance au changement ?
9 pistes d’action
- Les retours et les idées des jeunes générations : Mets en place des rencontres ou des forums réguliers où les membres plus jeunes de l’église peuvent partager leurs idées et leurs retours sur la vie de l’église. Utilise des sondages ou des groupes de discussion pour mieux comprendre leurs idées et leurs souhaits.
- Des groupes de planification intergénérationnels : Associe des représentants de toutes les générations à la planification des événements, des cultes et des projets. Cela aide à comprendre et à respecter les besoins et les points de vue de chaque tranche d’âge.
- Formation à la sensibilité culturelle : Propose des formations à l’équipe de direction et aux membres de l’église pour mieux comprendre les différences culturelles et les besoins des différentes générations.
- Mentorat et discipulat : Encourage des relations de discipulat dans lesquelles des membres plus âgés transmettent aux plus jeunes leur expérience de vie et leurs connaissances spirituelles. En même temps, les jeunes générations peuvent aider les membres plus âgés à se servir des nouvelles technologies et à suivre les tendances actuelles.
- Des formats de culte flexibles : Expérimente différents formats de culte pour tenir compte des préférences et des styles de chacun. Cela pourrait inclure, par exemple, des temps de louange modernes et traditionnels ou des cultes thématiques.
- Formations à la gestion des conflits : Forme l’équipe de direction à gérer les conflits et la résistance au changement. Développe des stratégies pour encourager des discussions ouvertes et respecter les opinions différentes.
- Des canaux de communication innovants : Utilise des moyens de communication modernes comme les réseaux sociaux, des applis ou des plateformes en ligne pour toucher les jeunes générations et les impliquer dans la vie de l’église.
- Des groupes de service et de projet : Encourage la création de groupes de service ou de projet où se retrouvent plusieurs générations. Différentes tranches d’âge peuvent ainsi travailler ensemble à des objectifs communs et apprendre les unes des autres.
- Introduire les changements avec délicatesse : Communique de façon transparente sur les changements prévus et aide chacun à comprendre pourquoi ils sont nécessaires. Laisse de la place aux questions et aux inquiétudes, et implique activement l’église dans le processus de changement.
(1) McCrindle, Mark (2014). Scouts Australia : Youth Program Review Phase 3. McCrindle. Consulté le 23 août 2019, https://mccrindle.com.au/app/uploads/pdf/blog-archive/Scouts-Phase-3-YPR-Scoping-Study.pdf
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Version française : octobre 2026

