En mai, j’ai eu le privilège de parler devant plusieurs centaines de jeunes responsables lors d’un grand rassemblement de jeunes à la Pentecôte, en Allemagne (le Pfingstjugendtreffen d’Aidlingen). Voici toute la conférence sous forme d’article : à relire, à transmettre et à travailler avec ton équipe. Si tu préfères regarder, la vidéo (en allemand) est juste ici.

La conférence complète, en allemand
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En bref : la culture l’emporte sur la stratégie, toujours. Pendant les 18 premiers mois de son ministère, Jésus a bâti une culture qui a changé le monde, et il l’a fait avec cinq priorités : la prière, les relations, la Parole de Dieu, la vision et l’amour. Cet article te les présente toutes les cinq, avec les outils que j’utilise sur le terrain depuis des années.

En Roumanie, où je vis avec ma famille comme missionnaire, il y a de la vigne dans presque chaque cour. Mais elle ne ressemble pas à celle des vignobles que tu connais peut-être. Dans les régions viticoles, on garde les ceps bas et on les taille pour le fruit. Chez nous, on la laisse grimper haut au-dessus des cours, parce qu’on veut avant tout une chose : de l’ombre.

On taille pour le confort, pas pour le fruit. Et c’est exactement ce qui se passe dans les églises. Tôt ou tard, tout le programme est organisé pour produire toujours plus de confort pour les membres, et toujours moins de fruit pour ce que Dieu avait vraiment en vue.

Une vigne taillée pour le confort (de l’ombre) à côté d’une vigne taillée pour le fruit (des raisins)

Peter F. Drucker a dit : « La culture mange la stratégie au petit-déjeuner. » Je vais même plus loin : la culture mange tout. Tu peux faire les plus grands projets, monter la meilleure église ; si la culture n’est pas la bonne, le projet part à vau-l’eau.

La question n’est donc pas de savoir si ton travail auprès des jeunes a une culture. Il en a une. La question, c’est : qui la façonne ? Et pour y répondre, ça vaut la peine de regarder celui qui a bâti la culture la plus forte de l’histoire du monde : Jésus, pendant la première année et demie de son ministère.

Si Jésus était une IA

Je sais, ça sonne presque blasphématoire. Mais imagine un instant que Jésus soit une IA et que tu doives écrire son prompt système : une seule phrase qui détermine tout son fonctionnement. Qu’est-ce que tu y mettrais ?

« Réponds à toutes les questions avec amour » ? « Ancre tout dans la Parole de Dieu » ? Deux bonnes réponses. Mais quand je regarde Jésus, je vois autre chose. Chaque fois qu’il enseigne, il revient à un point : Je fais la volonté du Père. Et quand il apprend à ses disciples à prier, cela devient éclatant : « Notre Père céleste ! Que la sainteté de ton nom soit respectée, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite » (Matthieu 6.9-10).

Voilà le prompt maître. Jésus est optimisé pour la sainteté de Dieu : tout ce qu’il fait pointe vers elle, accomplit la volonté du Père et construit son royaume.

Avec Dieu ou pour Dieu ?

Et maintenant, la question qui dérange : dans le royaume de Dieu, est-ce que tu travailles avec Dieu, ou pour Dieu ?

Les spécialistes de la loi et les pharisiens, avec qui Jésus n’a cessé de se heurter, faisaient des choses pour Dieu, mais dans leur propre intérêt. Leur programmation était différente : ils étaient motivés par ce que les autres pensaient d’eux, préoccupés par leur image auprès des gens. C’est une petite différence de programmation, mais aux conséquences immenses. Car celui qui travaille pour Dieu et reçoit des critiques s’adapte, comme Pierre a flanché plus tard quand la pression est venue. Celui qui travaille avec Dieu se demande seulement : quelle est la volonté du Père, et comment l’accomplir de façon à ce que le Père soit honoré ?

Celui qui travaille pour Dieu a les yeux sur le public, celui qui travaille avec Dieu a les yeux sur Dieu

Notre prompt maître ne contient que deux ordres

Imaginons maintenant que Jésus écrive notre prompt. Quelle serait sa phrase pour nous ? Nous pouvons la retrouver :

« Tout pouvoir m’a été donné dans le ciel et sur la terre. Allez [donc], faites de toutes les nations des disciples, baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit et enseignez-leur à mettre en pratique tout ce que je vous ai prescrit. Et moi, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde. » (Matthieu 28.18-20)

En français, on dirait toute une liste de tâches. Mais dans le texte grec, il n’y a que deux vrais impératifs : Faites des disciples. Et : Voyez, regardez-moi, soyez très attentifs à moi (c’est le petit mot que d’autres traductions rendent par « voici », juste avant « je suis avec vous »). Baptiser et enseigner en sont les formes concrètes, le comment. Les vrais ordres sont : fais des disciples qui, à leur tour, font des disciples. Et étudie Jésus de si près que tu t’imprègnes de sa culture.

La plus grande partie de notre vie devrait servir à observer Jésus de près : comment réagit-il dans chaque situation ? Quelles sont ses habitudes, ses priorités ?

C’est exactement ce que nous allons faire maintenant. Voici cinq priorités tirées des 18 premiers mois du ministère de Jésus. Elles s’appuient les unes sur les autres, et elles forment la base du livre Ministry Foundations, avec lequel nous avons déjà formé plus de 8 000 responsables en Europe (j’en parle plus en détail à la fin).

Priorité 1 : la prière

Le coup d’envoi du ministère public de Jésus est donné lors de son baptême. Dieu le confirme : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé » (Matthieu 3.17). Et quelle est la première chose que Jésus fait ensuite ? Il part au désert, quarante jours, pour jeûner et prier (Matthieu 4.1-2).

Arrête-toi un instant : quelle serait la première chose que tu ferais si tu commençais officiellement un ministère censé changer le monde ? Est-ce que tu prierais et jeûnerais pendant quarante jours ? C’est tellement à contre-courant. Mais pour Jésus, la priorité la plus forte, c’est une relation de prière forte avec le Père.

Le théologien P. T. Forsyth a formulé une pensée qui compte parmi les plus dérangeantes que j’aie jamais lues sur la prière : nous considérons le meurtre, l’adultère ou le vol comme les pires péchés. Mais la racine de tout péché, c’est l’autosuffisance, l’indépendance à l’égard de Dieu. Celui qui n’attend pas, dans la prière, que Dieu le guide dit par ses actes, sinon par ses lèvres : je n’ai pas besoin de lui.

On peut en débattre. Je te laisse simplement avec ça.

Le défi 21 h 21

Ce que la prière change concrètement, je l’ai vécu avec des groupes de jeunes de Vienne, en Autriche. Je leur ai lancé un défi : pendant 21 jours, chaque soir à 21 h 21, priez pour vos jeunes, chacun par son prénom. Le premier soir, nous avions fini au bout de cinq minutes. Le deuxième aussi. Puis il y a eu un déclic : En fait, je ne connais que leurs prénoms. Je ne sais pas du tout où en sont ces jeunes, ce qui les préoccupe, quels sont leurs défis. Alors les responsables ont commencé à demander : « Hé, comment tu vas, en vrai ? »

La prière a fait naître des relations. C’est le bon ordre. C’est ainsi que Jésus a fait : d’abord plonger tout entier dans la relation avec le Père, ensuite dans les relations avec les gens. D’ailleurs, les groupes de Vienne prient encore aujourd’hui, chaque soir, à 21 h 21.

Si tu ne retiens qu’une seule chose de cet article, retiens ce défi.

Priorité 2 : les relations

Regarde ce que fait Jésus après le désert. Jean 1 se lit comme le compte rendu de ses quinze premiers jours : Jean-Baptiste rend témoignage de lui, deux disciples de Jean suivent Jésus et lui demandent : « Où habites-tu ? » Et Jésus ? « Venez, leur dit-il, et voyez » (Jean 1.39). Il les emmène chez lui, passe la journée avec eux, partage sa vie avec eux.

Il ne cherche pas les projecteurs. Il fait la connaissance de leurs frères, de leurs amis, part avec eux en Galilée, à un mariage. Le Fils de Dieu passe la plus grande partie de son temps non pas au temple ni au bureau, mais en communauté.

Et regarde Nathanaël. Quand on lui annonce le Messie, il réagit par une moquerie : « Peut-il sortir quelque chose de bon de Nazareth ? » (Jean 1.46). Jésus y répond avec amour et le gagne, parce que la relation compte plus pour lui que d’avoir raison.

Bâtir des relations à trois niveaux

Quand j’étais aumônier scolaire à Lörrach, en Allemagne, j’ai appris à bâtir des relations de façon systématique. Ça n’a rien de romantique, mais c’est ainsi que naissent la plupart des amitiés, sans qu’on s’en rende compte. Trois niveaux, idéalement tous en même temps :

Trois niveaux pour bâtir des relations : voir et être vu, poser de bonnes questions, vivre des aventures ensemble
  1. Voir et être vu. J’allais tous les jours à la cantine pour que les élèves me voient. Celui qui est là régulièrement finit par faire partie du décor. Le vieux principe s’applique : loin des yeux, loin du cœur. Est-ce que tu te montres régulièrement auprès des personnes qui comptent pour toi ?
  2. Poser de bonnes questions. Le mot latin interesse signifie littéralement « être entre » : au beau milieu de la vie des autres. Son contraire grec, c’est l’idiotes : celui qui ne veut rien savoir de la vie autour de lui. Soit tu t’intéresses aux autres, soit tu es, au sens grec, un idiot. Alors ne sois pas un idiot : pose de bonnes questions.
  3. Vivre des aventures ensemble. Côte à côte. Laser game, sorties, les endroits où tu vas de toute façon. C’est de là que viennent les histoires du genre « Tu te souviens de la fois où… », dont les relations se nourrissent pendant des années.

Rythme, règles, rituels

Si tu veux bâtir non seulement des relations individuelles mais une vraie communauté, il te faut trois R :

Les trois R d’une communauté : rythme, règles, rituels

Rythme : l’idéal, c’est chaque semaine. Toutes les deux semaines, ça devient difficile ; une fois par mois, c’est presque impossible. La plupart des groupes de jeunes n’échouent pas par manque d’idées, mais parce qu’ils n’ont pas tenu un bon rythme assez longtemps. Règles : je ne parle pas de légalisme, mais de clarté. Comme à une soirée chez quelqu’un, quand tu ne sais pas si tu dois enlever tes chaussures : tant que les attentes ne sont pas connues, personne ne se sent à l’aise. Dis clairement comment vous faites chez vous : ici, on se tutoie, on veut le meilleur les uns pour les autres. Rituels : quand nous nous retrouvons, nous chantons, nous prions, nous ouvrons la Parole de Dieu et nous nous encourageons les uns les autres à suivre Jésus.

Et encore une chose que je tiens particulièrement à dire à notre génération : Dieu t’a donné un corps. Utilise-le pour suivre Jésus. Nous vivons tout dans notre tête et sur des écrans. Mais quand Jésus prie, il s’agenouille, il lève les mains. Essaie de prier à voix haute. Construis des relations côte à côte plutôt que par appel vidéo.

Priorité 3 : la Parole de Dieu

Jésus cite sans cesse l’Écriture. Dès sa première semaine, les disciples reconnaissent en lui « celui que Moïse a décrit dans la loi » (Jean 1.45). Pourquoi est-ce si important pour nous ? Parce que la Bible contient une vision du monde totalement opposée à celle de notre culture.

Un exemple : la Bible décrit trois ennemis, face auxquels nous devons adopter des tactiques complètement différentes. Le monde, ce système hostile à Dieu, fait de soif de reconnaissance et de jouissance sans limites : tu ne dois pas l’aimer (1 Jean 2.15). La chair, nos vieilles manières d’agir : tu dois la faire mourir par l’Esprit (Romains 8.13). Et le diable : tu dois lui résister, et il fuira (Jacques 4.7). Tu ne peux pas faire mourir le diable, ni mettre le monde en fuite. Celui qui ne connaît pas la Bible confond les tactiques.

Trois ennemis : ne pas aimer le monde, faire mourir la chair, résister au diable

Et quand tu enseignes la Bible, ne te contente pas de lancer des vérités dans la salle. Réponds aux questions que les jeunes se posent vraiment. Pour cela, il te faut d’abord la relation, car c’est seulement dans la relation que tu découvres les vraies questions. Alors la Parole de Dieu devient la meilleure réponse qui soit.

Quelles questions les jeunes se posent-ils vraiment en ce moment ?
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Priorité 4 : la vision

Quand Diana Nyad était enfant, elle se tenait un jour sur la plage avec son père, et il lui a dit que son nom voulait dire « naïade », nymphe des eaux : nager était sa vocation. Cette vision ne l’a jamais quittée. Elle a essayé encore et encore de nager de Cuba jusqu’en Floride, et elle a échoué, jusqu’à ce qu’elle y arrive à 64 ans : plus de cinquante heures d’affilée, à travers des bancs de méduses, à moitié morte, mais arrivée. Tout ça parce que quelqu’un lui avait dit un jour ce qu’elle avait en elle.

C’est exactement ce que fait Jésus. Il rencontre Simon, un pêcheur qui a des soucis d’argent et qui parle souvent avant de réfléchir, et dès leur première rencontre, il lui dit : tu es Pierre, le rocher sur lequel je construirai mon Église (Jean 1.42 ; Matthieu 16.18). À partir de ce moment-là, pas tout de suite mais petit à petit, sa vie prend une autre direction : loin du vieux Simon qu’il serait resté, vers le rocher.

Voici comment transmettre une vision à des jeunes. Commence par dire : « Je crois qu’une autre vie est possible pour toi. » Rends-la imaginable. « Je te vois bien devenir un jour un très bon conducteur de louange. » Puis présente ta vision comme une chaussure : « J’ai une chaussure pour toi. Essaie-la. Elle te va ? » Tu enlèves ainsi la pression prophétique, tout en donnant une direction.

La vision est une chaussure à essayer

Et prie pour que Dieu te montre une vision pour chaque personne de ton groupe. D’ailleurs, je ne crois pas que Dieu te cloue à un métier précis, ni que ta vocation soit ratée si tu passes à côté. Ce qui compte bien davantage pour lui, c’est que tu restes proche de son cœur. Là, tu as beaucoup de liberté.

Priorité 5 : l’amour

Un de mes amis a lancé un club de musique underground dans son église. Chaque vendredi, 70 ou 80 jeunes du coin venaient, des jeunes qui n’avaient rien à voir avec l’Église : sur leur trente-et-un, pauses cigarette, la totale. Ça marchait super bien. Puis il a fait venir les jeunes de son église. Ils sont venus une seule fois, ont distribué du légalisme (« Vous n’avez pas le droit de fumer ici ! »), et les 70 ou 80 ne sont jamais revenus. Ils s’étaient sentis rejetés, parce qu’ils n’avaient pas senti l’amour.

C’est la priorité dont tout dépend. Et on la reconnaît à ceci : transmettons-nous aux jeunes les trois meilleures réponses du monde aux trois plus grandes questions de l’humanité ?

Qui suis-je ? Je suis assez, grâce à ce que Jésus a fait pour moi. Le mot fort, c’est assez : rien à prouver, rien à mériter. Où est ma place ? Dans le peuple de Dieu, parmi ceux qui, comme moi, sont appelés à suivre Jésus. Qu’est-ce que je peux faire bouger ? Je suis invité à prendre part à une histoire plus grande : celle de Dieu.

Ces trois réponses ont un point commun : je suis retiré du centre de mon univers, et c’est Dieu qui y prend place. Je n’ai pas à me réaliser moi-même. Et franchement, ça me donne une paix immense.

Tes questions, posées après la conférence

Comment est-ce que je peux encore toucher les jeunes aujourd’hui ?

Bâtir des relations, ça ne change pas : voir et être vu, entrer dans leur monde. Le mot pour ça, c’est incarnationnel : Jésus s’est fait homme et a planté sa tente parmi nous (Jean 1.14). Mais le chemin a changé : les jeunes d’aujourd’hui sont étonnamment souvent seuls, le temps d’écran augmente, les comportements à risque classiques diminuent. La plupart de ceux qui viennent à la foi aujourd’hui ont leur premier contact avec un créateur de contenu chrétien, viennent ensuite à un événement, et seulement après dans une église. L’entonnoir a changé. Pour toi, cela veut dire : reste auprès des gens qui t’entourent, construis des relations en tête-à-tête, et prie pour que Dieu ouvre des portes. Compte sur le Saint-Esprit : il prépare des personnes pour toi.

Comment transmettre des valeurs aux enfants (de 7 à 13 ans) ?

Les mêmes vérités, formulées pour des enfants, et répétées encore et encore. Nos quatre enfants sont adoptés, ils sont roms, et le plus dur pour eux, ça a été leur couleur de peau et la stigmatisation dans notre culture. Ce que nous leur répétons sans cesse : vous êtes assez, grâce à ce que Jésus a fait pour vous. Ce n’est pas votre carte d’identité, ni votre couleur de peau, ni vos résultats qui vous donnent de la valeur, c’est Jésus, et il en donne autant à chacun de nous.

Que faire avec des jeunes peu fiables ?

D’abord la dure vérité : c’est une question de culture, et une culture ne change pas en un jour. Tu peux exprimer des attentes plus élevées (« Servir est un privilège »), mais si tu serres trop la vis, tu fabriques une église snob. Je crois à l’autre chemin : la relation doit d’abord être solide. Celui qui sait que tu t’intéresses vraiment à lui te suit volontiers, et il te prévient aussi quand il ne peut pas venir. Et souvent, le vrai problème n’est pas que les gens ne sont pas fiables, mais que nos programmes ont poussé dans tous les sens : ils donnent de l’ombre et font tourner la machine, mais ils ne portent plus de fruit. On connaît le biais des coûts irrécupérables : on a déjà tellement investi, il faut que ça continue. Parfois, la décision la plus courageuse, c’est de tailler dans les programmes et d’investir le temps libéré dans les relations. Je sais à quel point c’est difficile. Mais c’est justement là que la culture commence à changer.


Le livre à la base de cette conférence

  • Ministry Foundations (en anglais), de Dave Patty, analyse les 18 premiers mois du ministère de Jésus et les six habitudes qui ont façonné sa culture, avec une auto-évaluation pour ton équipe. Avec ce livre, nous avons formé plus de 8 000 responsables en Europe ; il est utilisé dans des écoles bibliques et des séminaires, de l’Allemagne jusqu’à Lviv. Écris-nous via notre formulaire de contact : nous te dirons comment te le procurer.

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Version française : octobre 2026

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