Ne plus jamais regarder de porno, ne plus jamais se masturber ? Lee en est convaincu : ça a changé sa vie. Avant, ce jeune homme aujourd’hui âgé de 21 ans était accro au porno et se faisait harceler à l’école, raconte-t-il. Puis il s’est lancé dans le « NoFap », et ça aurait changé sa vie. Il se dit aujourd’hui plus heureux, plus performant, plus viril.

Au pire moment de son addiction, Lee se masturbait devant de la pornographie huit fois par jour. Il passait parfois cinq à six heures par jour devant l’ordinateur à regarder des films porno, jusqu’au jour où il a compris qu’il avait un problème.

Si nous ne parlons pas de sexualité à nos enfants, le porno le fera à notre place

Peu de sujets de société sont aussi sensibles que le problème de la pornographie. Bien qu’il nous fasse énormément de mal, le porno fait appel à des pulsions puissantes que Dieu a créées bonnes. Les contenus sexuellement explicites ont toujours été un piège dans nos cultures, mais Internet et les smartphones en ont rendu l’accès plus facile que jamais.

Dans le même temps, la nature du porno et le regard que notre culture porte sur lui ont nettement changé au cours des dernières décennies. Ce qui passait autrefois pour pornographique est aujourd’hui presque banal. Et même s’il est réjouissant que plusieurs célébrités s’expriment sur les effets destructeurs du porno, la société dans son ensemble a largement accepté la pornographie comme quelque chose de normal, voire de sain.

Cet article se concentre sur le problème général du porno dans notre culture. Sache dès le départ que certaines informations pourraient te choquer. Nous avons fait de notre mieux pour n’inclure que ce que tu dois savoir, à notre avis, pour prendre conscience de l’ampleur du problème, afin de protéger plus efficacement tes enfants, tes jeunes et toi-même.

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À quoi ressemble la pornographie aujourd’hui ?

Même si la pornographie prend d’innombrables formes, la définition simple du dictionnaire américain Merriam-Webster la résume très bien : « la représentation de comportements érotiques (en images ou par écrit) dans le but de provoquer l’excitation sexuelle ». (Le Larousse parle de « présence de détails obscènes dans certaines œuvres littéraires ou artistiques ».) Quand on passe notre culture au crible pour y chercher les images et les contenus conçus pour amener les gens à penser au sexe, il devient assez évident que notre culture se « pornographise » de plus en plus. Autrement dit, les comportements et les caractéristiques typiquement associés à la pornographie sont de plus en plus acceptés dans la culture dominante.

Que pensent les ados et les jeunes adultes du porno ?

Il y a quelques années, Josh McDowell a mené avec le Barna Group une étude intitulée « The Porn Phenomenon ». Elle a mis au jour un fossé décisif entre les générations dans la manière de voir la consommation de porno : les plus jeunes la considèrent en grande partie comme normale.

Les ados et les jeunes adultes vivent dans un environnement où le porno est plus accepté et plus omniprésent que jamais. Alors que l’accès à la pornographie devient toujours plus facile, la stigmatisation qui l’entoure semble diminuer. On part tout simplement du principe que les gens regardent du porno, surtout les ados et les jeunes adultes. Et ce principe n’a rien de négatif. Quand il s’agit de regarder du porno, les jeunes et les jeunes adultes ne sont pas rappelés à l’ordre par leurs amis : au contraire, ce sont leurs pairs qui les poussent à en regarder.

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Barna a découvert que les jeunes considèrent beaucoup plus souvent le fait de ne pas recycler comme moralement condamnable que le fait de regarder du porno. Du côté des chrétiens, seuls 16 % en moyenne essaient activement d’arrêter le porno, contre 9 % des non-chrétiens.

Les revenus du secteur et le trafic en ligne en disent long sur l’ampleur de la consommation de porno. C’est une industrie mondiale qui, selon des données de 2015, rapporte environ 97 milliards de dollars américains par an dans le monde. On estime que 12 milliards de dollars proviennent des États-Unis. Garde à l’esprit que ces estimations datent de quelques années et ne concernent que le porno mesurable : elles sont donc sans doute prudentes. Sur Internet, 30 % des informations en ligne sont des contenus pornographiques. Autrement dit : les sites porno reçoivent plus de trafic que Netflix, Amazon et Twitter réunis.

Version française : octobre 2026