1. Aller se promener
Une fois par semaine, va te promener avec ton préado ou ton ado. Tu actives ainsi, pour toi comme pour ton enfant, trois facteurs de bien-être (la marche, la lumière et l’air frais), tu fais sans effort les 10 000 pas que tu t’étais de toute façon fixés, et à la fin de la balade, la solution à ce problème au travail te vient enfin. Sans compter que tu offres à ton ado un rituel régulier, et donc, chaque semaine, une nouvelle occasion de te parler de ce qui l’occupe. Avec quelques bonnes questions adaptées aux jeunes ados (12 à 14 ans), tu pourrais même découvrir ton enfant sous un jour tout nouveau.

2. Rire, danser, chanter
Bon, en fait, il faudrait écrire ici : prévois des moments forts avec tes enfants. Apprends-leur à profiter de la vie et à se sentir vraiment vivants, de l’intérieur. Ça peut être une sortie dans la nature, un spectacle entraînant, un bon repas ou simplement le plaisir de chiller ensemble. Et bien sûr, tout cela est important et bon. Mais on veut en rajouter une couche.
Pour s’aérer vraiment la tête et le corps, autrement dit libérer plein d’hormones du bonheur et un sentiment d’unité à donner la chair de poule, rien de tel que de rire à gorge déployée, danser et chanter.
Prévois donc des moments de fun avec tes préados. Organise une soirée jeux à la maison avec des jeux rigolos comme le morpion bottle flip, des jeux de lettres, une bataille d’eau aux blagues nulles, Taboo ou Pie Face.
Pourquoi tes enfants ne s’amuseraient-ils qu’au groupe de jeunes ? Emmène-les faire un laser game ou d’autres sorties pleines d’adrénaline. Lance une journée des farces où vous vous faites des blagues complètement folles (fixez d’abord quelques règles, évidemment). Relevez ensemble de petits défis dans la nature : traversez un ruisseau, descendez une colline en roulant dans l’herbe, sautez dans un lac glacé. Invente avec eux des chansons loufoques pour les 70 ans de leur grand-mère. Chante avec eux le soir autour du feu de camp. Essaie avec eux les dernières danses TikTok, même si tu te ridiculises.

3. Limiter le temps d’écran
Ce conseil-là est du genre fatigant, parce qu’il demande des efforts et qu’il est dur, pour les adultes comme pour les ados. Il existe tellement d’informations et de conseils sur le temps d’écran que les parents tombent vite dans le piège de la paralysie par l’analyse et finissent par ne jamais élaborer leur propre plan avec leurs propres enfants. On espère vaguement que tout finira quand même par bien se passer.
Mais comme toute la recherche semble s’accorder sur le fait que les enfants ont besoin d’être guidés dans leur consommation de médias et que le temps d’écran devrait être limité (même TikTok s’est mis à limiter l’appli pour les mineurs), tu devrais prendre deux heures pour élaborer ta propre stratégie. Les organismes de protection de l’enfance et de prévention de ton pays proposent souvent de bons repères pour cela.
Cela dit, limiter le temps d’écran ne veut pas dire condamner tout ce que nos enfants font devant un écran.
Au contraire, une partie de Nintendo ou des expériences avec une appli photo, c’est souvent la seule chose qu’un préado peut vraiment savourer dans sa journée, tout simplement parce qu’il y est doué.

Autrement dit, ces écrans qu’on adore détester peuvent aider nos enfants à développer leurs points forts et à transférer dans le monde réel la confiance en eux qu’ils ont gagnée dans le monde virtuel.
4. Jeudi kebab
L’un des conseils d’éducation les plus courants, c’est de manger ensemble. Idéalement, un repas par jour avec toute la famille à table, smartphones exclus. La table familiale a un effet positif sur l’ambiance à la maison et offre l’occasion d’échanger, ou au moins de synchroniser les agendas et les listes de choses à faire, pendant que la nourriture garde les humeurs sous contrôle. Comme chez nous l’ambiance ne s’améliore pas forcément à table et que râler contre le repas a plutôt la cote, en tant que maman, je propose parfois en semaine un « repas lecture », où chacun peut se cacher poliment derrière une BD. Mais bon : l’amour passe par l’estomac, et manger ensemble crée vraiment des liens. C’est pour ça qu’on adore les rendez-vous culinaires réguliers en famille. Ça peut être un jeudi kebab, un vendredi pizza ou des plats exotiques comme des rouleaux de printemps qu’on prépare ensemble.

5. Donne-leur le choix
En permettant régulièrement à tes enfants de participer aux décisions, tu les aides à se préparer à l’éventail presque infini de choix de notre monde actuel et à assumer la responsabilité de leurs propres décisions. Ça peut tout à fait se jouer dans les petites choses, comme le choix des vêtements ou d’une destination de sortie. Mais c’est aux parents de décider quels choix ils proposent. Bon, la plupart du temps.
6. Responsabilise-les
En même temps, tu peux responsabiliser tes enfants, leur confier des tâches et exiger des résultats. Par exemple quand vous adoptez un animal de compagnie, avec les soins que cela implique, ou quand ton enfant est devenu végétarien et que tu lui demandes de t’aider à adapter vos recettes et la liste de courses. Tu peux aussi attendre d’eux qu’ils t’accompagnent à l’église.

Malgré l’attention que les médias portent depuis peu aux droits de l’enfant, les devoirs des enfants n’ont absolument pas été abolis. Au contraire : en Allemagne, par exemple, le Code civil oblige les enfants à aider leurs parents à la maison.
Tant qu’il fait partie du foyer de ses parents et qu’il est élevé ou entretenu par eux, l’enfant est tenu de rendre des services à ses parents, dans leur ménage et dans leur entreprise, selon ses forces et sa situation. (§ 1619 du Code civil allemand, traduction libre)
Là-bas, entre 3 heures et demie et 7 heures d’aide par semaine sont jugées raisonnables pour les moins de 12 ans, sans rémunération. À propos de travail : selon la recherche sur le bonheur, le travail apporte d’autant plus de satisfaction qu’on sait pourquoi on fait des efforts et qu’on y voit du sens ; qu’on a le droit de faire une pause de temps en temps ; qu’on s’intéresse à ce qu’on fait ; qu’on progresse et qu’on s’en réjouit ; qu’on peut travailler avec des gens qu’on apprécie ; qu’on poursuit un but qui nous tient à cœur, et qu’on fait la fête une fois le travail terminé !
Autrement dit : quand les enfants ne s’intéressent que peu, voire pas du tout, à ce qu’ils apprennent à l’école, ça vaut d’autant plus la peine de les aider à trouver un loisir ou une activité bénévole. (Priscilla Alvarez)
7. Servir les autres en famille
Et nous voilà arrivés au bénévolat. Ensemble, vous pouvez donner un coup de main pour un déménagement, aider dans un camp, servir à la soupe populaire, rendre visite à des personnes âgées en maison de retraite. Car faire plaisir aux autres aide à voir plus loin que le bout de son nez, à se sentir partie intégrante d’un tout plus grand, et cela renforce de manière générale le sentiment d’efficacité personnelle de tes enfants. Et puis, vous vous rapprochez en famille et vous créez des souvenirs communs. La parole biblique selon laquelle il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir ne parle pas seulement d’un bonheur abstrait et futur, dans l’au-delà.
La recherche sur l’altruisme atteste que les bénévoles reçoivent une bonne dose de bonheur dès ici-bas, car ce sont généralement eux-mêmes qui tirent le plus grand profit de leur engagement.
Pas seulement parce qu’un travail utile donne aussi du sens et de la satisfaction à celui qui donne, mais parce qu’en organisant son propre engagement bénévole, on doit se mettre en lien avec beaucoup de monde : on développe ainsi son réseau de relations et on apprend bien davantage qu’on ne le pourrait dans un simple rôle de consommateur.

8. Tenir un conseil de famille
Comment on s’y prend ? La version feu de camp : on s’assoit ensemble en cercle et on parle jusqu’à faire la paix. La version manager : on organise une réunion et on aboutit à des solutions communes grâce à un brainstorming collectif. Quelque chose comme ça. C’est en tout cas un formateur en management, Thomas Gordon, qui a rendu le conseil de famille populaire auprès des parents.
Un conseil de famille comprend en principe les éléments suivants : tous les membres de la famille sont présents, on prend le temps d’échanger de manière constructive sur des sujets qui concernent toute la famille, on trouve des solutions et des compromis, et on se met d’accord sur des engagements clairs. On peut pimenter le tout avec une prière commune, un moment pour se tourner vers Dieu, des remerciements et des encouragements mutuels.

Dans un conseil de famille, on peut :
- partager les hauts et les bas de la vie de famille et de sa vie personnelle
- exprimer des compliments et des critiques sur la vie commune actuelle
- établir de nouvelles règles
- discuter des valeurs qui comptent pour nous
- exprimer des souhaits
- modifier des règles
Il y a alors une règle extrêmement importante à respecter :
Dans un conseil de famille, chaque membre de la famille a un temps de parole. Chacun a le droit de s’exprimer, et personne ne doit être interrompu, moqué, grondé ou discrédité de quelque manière que ce soit.
Par ailleurs, un conseil de famille ne devrait pas tourner à la causette, mais être animé avec un objectif. Au début, ce sont les parents qui peuvent l’animer, mais lors des réunions suivantes, les enfants (d’âge scolaire) peuvent aussi prendre le relais.
Les sujets peuvent être très variés : l’aide à la maison, l’organisation d’activités communes, les achats, l’ordre dans la maison ou les difficultés de la vie commune.
Les experts recommandent de se réunir régulièrement, car c’est la seule façon de créer des occasions récurrentes et fiables de s’exprimer sur la vie de famille et d’aborder les problèmes AVANT qu’ils ne dégénèrent. Tu te demandes comment arriver à des solutions constructives avec des enfants égocentriques, querelleurs et allergiques aux corvées ? Alors reviens au point 1 et travaille ta relation et vos échanges réguliers avec ton préado, ou découvre la méthode de négociation de Harvard, qui peut en principe s’appliquer partout où les points de vue divergent.
9. Sortir dans la nature
S’il y a une chose qu’on ne peut pratiquement pas rater en tant que parent, c’est d’aller dehors avec ses enfants. Un sondage très peu représentatif dans mon entourage a révélé que tous les adultes que leurs parents traînaient dans la nature quand ils étaient petits aiment aujourd’hui la nature eux aussi et admirent la création de Dieu. Et traînent à leur tour leurs enfants dans la nature. Mais à quoi ça sert, de les traîner dehors ? Eh bien, à beaucoup de choses.
Faire du sport ensemble ou des activités dans la nature favorise le bien-être physique et psychique de tes enfants et vous fait vivre des moments partagés. Il est prouvé que regarder un environnement verdoyant aide à lutter contre la surstimulation que le cerveau des enfants subit chaque jour dans notre société saturée de médias.

Les médecins parlent de deux à trois heures par jour qu’un enfant devrait passer dehors, en bougeant, pour se développer de façon optimale. À Taïwan, face à la propagation galopante de la myopie chez les enfants, les écoles ont complètement réorganisé leurs emplois du temps il y a quelques années pour envoyer les élèves dehors au moins deux heures par jour. D’ailleurs, se défouler dans la nature favorise le jeu libre, tant vanté, et aide ainsi les enfants à développer leur créativité. D’une pierre deux coups.
10. Un rituel du coucher tant que c’est possible : lire à voix haute, tenir un journal, prier
Le jour où ton enfant se couchera après toi n’est pas encore arrivé. Profite de l’occasion et passe encore un peu de temps avec lui. Voici les trois éléments clés qui aident ton enfant à s’endormir en paix : lire à voix haute, tenir un journal, prier.
La lecture à voix haute n’est pas recommandée seulement pour les petits, mais aussi pour les enfants qui savent déjà lire. Apparemment, ça aide pour un truc important dans le développement du cerveau, et très probablement aussi à renforcer le sentiment du NOUS en famille. Et puis, tu as ainsi coché le point le plus important, passer du temps ensemble, au plus tard le soir. Nous recommandons un mélange de Bible, de romans chrétiens et de littérature jeunesse en général.

Le conseil du journal a à voir avec la réflexion. Il existe différentes façons de revenir sur sa journée et de réfléchir à tout ce qu’on a vécu et à ce qu’on a ressenti. C’est une préparation à la prière, et ça ne se fait pas forcément par écrit. Mais ça aide de noter de temps en temps quelques motifs de reconnaissance, et en tant que parent, tu peux aussi le faire pour ton enfant.
Ainsi, dans les heures plus sombres de la vie de ton enfant, tu pourras ressortir ce qui a été écrit et lui rappeler tout le bien qui lui est arrivé. (Priscilla Alvarez)
Enfin, la prière est un outil précieux pour apaiser ton enfant. Aujourd’hui, beaucoup de chercheurs en santé et de pédagogues recommandent la méditation, et la plupart des techniques consistent à prendre conscience de soi, puis à lâcher prise. C’est exactement ce qui se passe dans la prière, et bien plus encore. Ce n’est pas pour rien qu’il existe ce verset étonnant des Psaumes, que l’on peut traduire de différentes façons : soit le Seigneur comble ceux qu’il aime pendant leur sommeil, soit il leur donne le sommeil. Et puis, tu peux encore bénir ton enfant de façon personnelle, le placer sous la protection de Dieu et te rappeler ainsi que tu as un allié puissant dans le projet « Au secours, qu’est-ce que je fais de mon préado ?! »

Bien sûr, il existe encore bien d’autres astuces avec lesquelles tu ne risques pas de te tromper. Réveiller ton enfant gentiment le matin, par exemple. Demander pardon et pardonner. Encourager les points forts de ton enfant. L’aider à trouver de bons amis, organiser des rencontres avec des copains quand ton enfant est trop passif alors qu’il aurait plaisir à les voir. Parler le langage d’amour de tes enfants. Et toi, quelles sont tes astuces ?
Pour aller plus loin
- Steve Biddulph, The Secret of Happy Children
- Danny Silk, Loving Our Kids on Purpose
- Mark Batterson, Praying Circles Around Your Children
Version française : octobre 2026

