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# La génération Z chrétienne en Allemagne : entre engagement et points d’interrogation
- URL: https://thepulse.org/fr/la-generation-z-chretienne-en-allemagne/
- Published: 2024-05-27T08:44:06.000Z
- Updated: 2026-11-02T17:04:19.000Z
- Description: Quand une étude prouve ce que nous pensions déjà tous en secret. Et qu’elle nous met en même temps au défi de nous donner à fond pour la génération suivante. Car s’il est un domaine où nous pouvons faire la différence, ce sont les relations.
- Author: Priscilla Alvarez
- Tags: Articles, #target-parents, #target-leaders, #topic-culture, #topic-research, #age-teens, #age-young-adults, #translation-pending

*Je me représente Thorsten Attendorn comme une sorte de Lucky Luke du paysage chrétien en Allemagne. Il a entendu l’appel au secours de tous ceux qui se sentent dépassés par la jeune génération, et il est passé à l’action. Il a sorti son expertise et a fait feu avec une étude sur le sujet, plus vite que son ombre. Les résultats sont là, et nous pouvons tous nous recentrer sur la génération Z chrétienne. Une lecture subjective des résultats.*

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## I feel you

Ce que nous apprend l’étude : les expériences vécues avec Dieu sont l’ancre de l’espérance de la génération Z chrétienne. L’engagement pour la foi est bien là.

> La génération Z chrétienne reconnaît en Jésus le pivot de sa foi.

Ça avance : les jeunes de la génération Z chrétienne ont le sentiment d’être en chemin dans leur foi. La majorité d’entre eux ressent de la joie et de la satisfaction dans leur relation avec Jésus.

Quand on leur demande ce que la foi leur apporte, les personnes interrogées citent en premier lieu la vérité, l’espérance, le pardon, la paix intérieure, puis la croissance et le salut. La foi leur donne un cadre de référence clair pour orienter leur vie. En revanche, l’idée que la foi donne son sens à leur vie ressort moins nettement que dans les groupes de comparaison aux États-Unis et dans le monde. Peut-être parce qu’on ne veut pas ranger le grand Dieu dans une boîte portant l’étiquette « sens de la vie » ?

## Ce qui fait trébucher

La génération Z chrétienne place tant d’espérance en Dieu qu’elle en vient à écarter sa propre contribution à une vie épanouie comme un cas désespéré.

> Interrogée sur l’image qu’elle a d’elle-même, la génération Z chrétienne dresse d’elle-même un portrait plutôt triste.

Presque tous sont convaincus que Dieu s’intéresse personnellement à eux, mais beaucoup ont des croyances négatives sur l’amour, la miséricorde et la fidélité de Dieu, autour de thèmes comme la culpabilité, la honte, la perfection, l’estime de soi et le sentiment d’efficacité personnelle. Un quart des jeunes chrétiens se voient comme des ratés et 15 % même comme des marginaux. C’est le bonjour de la société allemande de la performance.

La génération Z chrétienne se sent souvent peu sûre d’elle et sans soutien. Pourtant, pour une raison ou une autre, elle s’impose d’être parfaite dans ce qu’elle fait. Or « parfait », pour elle, ne veut pas forcément dire correct à 100 %, mais peut-être plutôt authentique à 100 %. Car une foi sincère compte davantage, à ses yeux, qu’une foi informée ou vécue de façon correcte.

Il manque souvent aux jeunes chrétiens de la compréhension et des encouragements pour leur chemin. Un jeune sur cinq de la génération Z chrétienne juge sa foi faible, confuse et douloureuse.

> « Les chantiers semblent se situer du côté de l’image de Dieu et de l’image de soi, ainsi que de la culture relationnelle et de la culture d’église », constate Thorsten Attendorn.

## La lecture de la Bible : appréciée, mais sans effet

Au fait, la génération Z chrétienne est « accro à la Bible ». Quand elle lit la Bible, ce sont les sentiments positifs qui dominent : on se sent aimé, en paix, vivant et motivé. Presque tous prennent plaisir à lire la Bible, 60 % d’entre eux même « beaucoup ». Mais la génération Z connaît aussi des difficultés quand elle lit la Bible. Ce qui lui pose le plus de problèmes, ce sont les affirmations déroutantes et le fait que la lecture de la Bible éveille chez elle des sentiments de culpabilité.

Et pourtant, la lecture de la Bible n’apporte rien à la génération Z chrétienne en Allemagne ! Je vous l’accorde, c’est une thèse osée. Regardez donc les données de comparaison avec l’enquête mondiale de Barna : elles montrent une corrélation claire et extrêmement positive entre la lecture de la Bible, une estime de soi saine, le sentiment d’appartenir à l’église locale et l’engagement social. En Allemagne, en revanche, rien de tel. Certes, la lecture de la Bible fortifie la foi en principe, mais elle n’a pas assez d’effets positifs sur l’âme et sur les relations. Beaucoup de tête, peu de cœur et de mains.

![Illustration : une adolescente lève les yeux, entourée de bulles : « Ma foi grandit », « …est faible », « Je dois être parfaite », « Je me sens isolée », « Je suis un cas désespéré ».](https://thepulse.org/fr/content/images/2026/11/christian-gen-z-sketch-1-fr.png)

![Illustration : un jeune tenant une Bible ouverte lève les yeux, entouré de bulles : « Mon église, c’est chez moi », « L’église ne répond pas à mes questions », « Trop d’exigences ».](https://thepulse.org/fr/content/images/2026/11/christian-gen-z-sketch-2-fr.png)

![Illustration : un jeune homme regarde au loin, entouré de bulles : « Une foi sincère compte pour moi », « La foi correcte n’est pas ma priorité n° 1 », « Ma foi me donne des certitudes ».](https://thepulse.org/fr/content/images/2026/11/christian-gen-z-sketch-3-fr.png)

Des sentiments ambivalents envers la lecture de la Bible, l’église, la société, les parents et envers soi-même.

## Ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain

La génération Z chrétienne allemande préfère avoir des certitudes dans sa foi personnelle plutôt que de rester ouverte sur la direction où cette foi la conduira. Chez les chrétiens nominaux et assimilés à l’Église de la [Open Generation](https://www.barna.com/the-open-generation/?ref=thepulse.org) (en anglais), cette ouverture est très marquée. Cette préférence allemande pour la certitude de la foi et la sincérité, plutôt que pour la justesse et l’ouverture, vient peut-être de la conscience que les doctrines théologiques sont actuellement en train de changer. Des vérités qu’elle tient aujourd’hui pour justes ne seront peut-être plus considérées comme correctes demain. Elle n’aspire pas à ce changement, elle n’y est pas ouverte, mais elle en est consciente et ne se fait aucune illusion à ce sujet. Alors que l’Église mondiale se montre de plus en plus encline à expérimenter et ouverte à de nouvelles découvertes théologiques, les chrétiens évangéliques fidèles à la Bible, en Allemagne, semblent d’abord vouloir s’en tenir à la foi qu’ils ont aujourd’hui (selon [Romains 14.22](https://www.bible.com/bible/152/ROM.14.22.S21?ref=thepulse.org)).

## Des relations sociales préoccupantes

Près d’un jeune sur cinq de la génération Z chrétienne se sent souvent seul et isolé. En général, la génération Z chrétienne a de bonnes relations et aussi des personnes de confiance, mais par rapport aux chrétiens pratiquants des États-Unis, ses ressources relationnelles et ses sources d’encouragement sont d’une faiblesse inquiétante !

Seuls 15 % se sentent pleinement compris par leurs parents. Attention : ce n’est pas un phénomène typique de la jeunesse, car les groupes de comparaison n’affichent pas un pourcentage aussi faible. Qu’est-ce qui a éloigné la génération Z chrétienne en Allemagne de ses parents ? Un indice se trouve dans la façon dont la génération Z communique : elle souhaite partager sa foi de manière amicale et d’égal à égal, et croit que cela passe avant tout par une écoute attentive et sans jugement, et par le fait de renoncer à imposer des conclusions hâtives. Peut-être que les jeunes aimeraient aussi que leurs parents communiquent de cette façon ?

Quelque part, ça coince aussi entre la génération Z et ses églises locales. L’enquête montre que près de 40 % des jeunes et des jeunes adultes ont des questions auxquelles leur église ne répond pas. Oui, mais de quoi a-t-on d’abord besoin pour que le courant passe entre l’Église en tant qu’institution et les jeunes ? De réponses à leurs questions intellectuelles, ou de bonnes relations entre les générations ? Thorsten Attendorn résume :

> « Cette génération ne veut pas d’un rendez-vous avec un responsable qui profite d’un créneau pour dérouler son programme, mais des rencontres faciles d’accès et pourtant sérieuses. »  
> — *Thorsten Attendorn*

Dans ses contacts avec des personnes non croyantes de son entourage, la génération Z chrétienne pense que les autres la voient beaucoup plus déterminée dans sa foi qu’elle ne se perçoit elle-même. Elle sait aussi qu’en choisissant la vérité qu’elle a trouvée, elle risque de passer pour intolérante. Cette conscience peut elle aussi contribuer au sentiment de ne pas être comprise ni soutenue dans son entourage immédiat.

## La génération Z et la société

La génération Z chrétienne se sent moins tenue que d’autres jeunes de son âge d’agir, seule ou ensemble, contre l’injustice dans la société. En même temps, elle est partagée sur la question de savoir si le christianisme d’aujourd’hui a encore quoi que ce soit à voir avec la réalité. Boum. D’un côté, ce sont des nouvelles étonnantes. De l’autre, ce résultat de l’enquête confirme le fossé entre théorie et pratique chez la génération Z chrétienne.

Voici une interprétation libre : on sait qu’on devrait faire quelque chose, mais on ne se sent même pas digne d’être aimé de Dieu ni d’aller à son église, parce qu’on a encore une fois cédé à une dépendance ou qu’on s’est disputé avec ses parents, et qu’on se sent de toute façon submergé par toutes les exigences qu’on lit dans la Bible. En même temps, on est dépassé par l’activisme radical et les slogans de combat d’autres jeunes, et par leur ambition de sauver le monde par leurs propres forces. Alors on préfère se retirer avec quelques chants de louange pour commencer par retrouver son équilibre émotionnel.

> « Alors que près de 97 % de la génération Z reconnaissent que la Bible contient un enseignement pertinent pour le monde d’aujourd’hui, seuls 29 % sont tout à fait d’accord pour dire qu’ils sont équipés, dans leurs églises, pour vivre fidèlement dans un monde sécularisé. »  
> — *Thorsten Attendorn*

Pourtant, il manque apparemment aux églises un mélange sain entre le courage d’être un mouvement contre-culturel (« countercultural courage ») et une compassion active pour la société actuelle.

Actuellement, une courte majorité de la génération Z chrétienne préférerait ne pas se mettre à l’écart du monde. Je l’entends presque crier : « On peut être cool et faire partie des autres, s’il vous plaît ? » Mais peut-être qu’elle souhaite simplement être le sel de la terre ou le levain du royaume de Dieu dont parle [Luc 13.21](https://www.bible.com/bible/152/LUK.13.21.S21?ref=thepulse.org), qui transforme tout alors qu’il est en plein milieu de la pâte. Et, pour être honnête, les chances d’être un aussi bon levain ne sont, en ce moment, pas si mauvaises que ça. Surtout, bien sûr, parce que le levain est devenu tendance depuis le Covid. Non, plutôt parce que le mode de vie chrétien n’a peut-être jamais eu autant le vent en poupe sur le plan scientifique qu’aujourd’hui. Des chercheurs du monde entier qui étudient le bonheur confirment que la prière aide ; que l’être humain a besoin de sens ; que l’espérance et la gratitude sont vitales ; que le pardon est la clé d’une vie libérée ; que l’être humain est encore loin d’avoir exploré toutes les dimensions ; qu’il ne fonctionne qu’en communauté ; et ainsi de suite.

Quand une jeune fille te raconte que toutes (!) les filles de son entourage s’automutilent, et qu’elle suppose que si elle-même ne le fait pas, c’est parce qu’elle croit en Dieu, on a envie d’injecter ce levain à tout le monde, tout de suite.

## Des pistes pour les groupes de jeunes et les églises

Les résultats de l’enquête ouvrent de nombreuses possibilités pour les groupes de jeunes et les églises. Quelle étape est possible pour vous ? Choisissez-en une et lancez-vous, tout simplement.

1. N’ayez pas honte de l’Évangile. Environ 70 % de la génération Z dans le monde aspirent à une communauté où ils peuvent parler ouvertement de leur foi.
2. Encouragez le triangle qui dynamise la foi : une relation consciente avec Jésus, un lien fort avec la Bible, la fréquentation de l’église.
3. Favorisez les échanges personnels. De longues périodes de doute et de déconstruction, sans possibilité d’échanger ouvertement, mènent à la perte de la foi. Surtout quand s’y ajoute le fait de négliger une foi active (lecture de la Bible, prière, participation au culte, partage de sa foi avec d’autres). Attendorn : « Nous avons besoin d’une approche des conversations personnelles qui écoute davantage qu’elle ne répond, n’analyse ou ne suit un programme. » Allez plus loin et faites des rencontres en tête-à-tête votre routine hebdomadaire. Invitez par exemple des jeunes à manger après le culte.
4. Proposez du mentorat pour la lecture de la Bible. Organisez des ateliers sur la lecture de la Bible. Récoltez des sous et envoyez de jeunes adultes dans un institut biblique ou une faculté de théologie.
5. Priez. Avant et après les événements, mais surtout pendant. Si « faire l’expérience de Dieu » est si important pour notre génération, nous devrions l’impliquer davantage, et de façon personnelle !
6. Faire face au péché. Il faut agir ici. Tous sont privés de la gloire de Dieu. Comment se sentir digne d’amour quand on fait chaque jour les mêmes erreurs ? Quand on cède aux mêmes dépendances ? Quand on perd patience ? Nous devons vivre la grâce, déverser davantage d’encouragements en tête-à-tête et nous stimuler les uns les autres. Jésus n’a pas dit : « Dès maintenant, vous devez tous être parfaits », mais : « C’est moi qui suis le chemin » ([Jean 14.6](https://www.bible.com/bible/152/JHN.14.6.S21?ref=thepulse.org)).
7. Discipliez vos abonnés en ligne et, face à la crise de santé mentale de la génération Z, alimentée par la consommation de médias numériques, explorez de nouvelles formes de travail auprès des jeunes dans la vraie vie, pour renforcer les relations personnelles. Là où c’est pertinent, éloignez-vous autant que possible des rencontres de jeunes en mode exposé et mettez en place des formats d’atelier qui favorisent le dialogue et les relations personnelles.
8. Culture d’église : proposez des formats où l’on peut poser des questions, affrontez ensemble les questions difficiles de la foi. Faites entrer la jeune génération dans l’échange, et aussi dans la responsabilité, dans l’action.
9. Société : donnez à vos jeunes un coup de pouce pour s’engager dans la société. Les églises et les groupes de jeunes sont souvent, dans leur programme, terriblement tournés vers l’intérieur, sans se rendre compte qu’avec relativement peu d’efforts, ils pourraient accomplir de grandes choses autour d’eux. Et ainsi mieux « rendre justice » à l’appel à la justice que lance la Bible.